Podcast. Hackathon Gen AI : un défi applicable pour une PME ?
21 mai 2026
Samuel Oudin
Des équipes, un défi sur 2 jours, de l’IA, du hack. Le retour d’expérience de Pierre Boissinot, lead dev au Phare qui a participé au “Shift”, un hackathon Gen AI organisé à Nantes, fin mars 2026. Est-ce-qu’une PME ou industrie peut en tirer des enseignements ?
La règle du jeu du Shift Hackathon : en 48 heures (sur un week-end), des équipes se forment – développeurs, Product owner, product manager, designer – pour hacker une appli existante, en imaginant et développant de nouvelles fonctionnalités. 48 heures, top chrono, pour prototyper et tester l’usage.
Hackathon GEN AI : quels enseignements pour les PME & industries ?
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Pierre Boissinot – Lead Dev – Le Phare
Votre équipe a choisi de “hacker” quelle appli ?
« On a choisi de “hacker” une appli de randonnée touristique pour lui ajouter une nouvelle fonction : l’apport audio de commentaires en temps réel, au gré d’une balade. L’idée est d’apporter un nouveau service, un nouvel usage. Lorsque l’utilisateur passe à côté de tel ou tel intérêt touristique, l’appli pourrait se charger d’apporter des informations sur ce lieu, le tout, sans sortir son téléphone de sa poche.
Au départ, chacun développait un morceau dans son coin. Mais en commençant à développer avec l’IA (Claude code), on a très vite changé notre organisation en se regroupant tous derrière un seul écran et en la jouant plus collectif. Dans ce cas précis, dans ce défi, le code devient une formalité.
Dans notre équipe, il y avait un dev expert Android, avec une grosse expérience. Lui, il avait les mains sur le clavier. Nous, on était derrière pour discuter en temps réel et voir le prototype sur l’émulateur ou sur le téléphone en live. ça change complètement la donne.
On a construit un moteur custom de “texte to speech” : un moteur de synthèse vocale custom via un format GPX. »
Est-ce qu’une entreprise pourrait imaginer un Hackathon interne pour faire évoluer un applicatif métier par exemple ?
« Avec un peu de recul, oui. Ce défi est applicable par une entreprise, avec ses équipes internes, la tech, le métier, le commerce, l’administratif, la direction générale…
L’important finalement, c’est l’idée et la rapidité de développement qui permet de tester l’usage tout de suite, en quelques heures ou 2 ou 3 jours. Et donc, d’avoir des retours très rapides sur la suite des opérations à déployer.
Dans le cadre du hackathon, on s’est rendu compte qu’au bout d’une heure, on ne regardait plus le code qui était généré par Claude Code. On déplaçait notre valeur ajoutée sur la spécification de l’idée, du besoin. Ce qui nous a permis de prototyper vite et de sortir non pas une maquette figma ou une démo partielle mais une appli utilisable tout de suite.«
Et quand on commence à parler d’interopérabilité, de sécurité, de maintenance… Est-ce que c’est vraiment applicable pour une PME ou une industrie ?
« Effectivement, ce sont d’autres questions que tous les développeurs connaissent. Là, pendant 48 heures, on a fermé les yeux sur ces problématiques. Mais pour une entreprise “traditionnelle”, ce genre de défis ouvre d’autres perspectives. Sur tel ou tel projet, le cercle n’est plus réservé à une équipe 100 % Tech.
Ça peut être un Product owner, un collaborateur dans une équipe SAV ou sur une chaîne de production. Une personne de l’entreprise qui a une idée “métier” et qui jusqu’ici s’interdisait d’aller plus loin en raison de la barrière technique ou d’un manque de ressources en interne.
Un prototypage rapide permet d’embarquer les équipes métiers, un CODIR ou une direction générale. De montrer quelque chose de concret et donc d’accélérer certaines prises de décision. Un MVP, aujourd’hui, ça doit être très abordable, en temps et en coût. »