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Quel est le rôle d’un Product Owner ? Témoignage de Loïc Meynier (Magasins Bleus et B. Solfin)
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Quel est le rôle d’un Product Owner ? Témoignage de Loïc Meynier (Magasins Bleus et B. Solfin)

Lorsque deux marques fusionnent sous une même holding, comment orchestrer la nouvelle organisation digitale ? Base de données clients, extranet, système d’information… Qui prend le rôle de chef d’orchestre ? Interview de Loïc Meynier, product owner de Magasins Bleus et B. Solfin.


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Vous avez pris vos fonctions suite au rapprochement de deux marques. Quel était l’enjeu prioritaire au niveau du SI ?


La marque B.Solfin est un vépéciste (vente par correspondance) en prêt-à-porter. Magasins Bleus, quant à elle, propose de la vente itinérante, avec des camions et des conseillers-vendeurs qui sillonnent les routes de France. Avant leur rapprochement, ces deux marques étaient indépendantes. Elles avaient donc leur propre système d’information.

Lorsque je suis arrivé (en janvier 2019), Magasins Bleus avait déjà fusionné avec B. Solfin. L’objectif était alors de proposer un système de vente omnicanal aux clients de faire en sorte que les deux ERP communiquent pour servir les clients et calculer la rémunération des conseillers. Un extranet a donc été créé car, bien que les deux entreprises œuvrent dans la vente de vêtements, les canaux de distribution demeurent différents.

 

Globalement, l’enjeu est de faire en sorte que les systèmes d’information de Solfin et de Magasins Bleus communiquent pour que chaque savoir-faire soit utilisé au maximum.


Pour favoriser l’interopérabilité des SI, par quoi avez-vous commencé ? 

Avant mon arrivée, des ateliers de créativité avaient déjà été organisés par Le Phare avec les membre du CODIR pour définir le champ des possibles et imaginer les leviers de business ou les freins.

Pour ma part, j’ai commencé tout simplement par faire le tour des bureaux et des métiers, passer du temps au call-center, comprendre le mode de rémunération des commerciaux, le système de stock et de distribution… J’ai cherché à connaître les cultures des deux entreprises, les spécificités de chacune, les différents métiers et le rôle des deux systèmes d’information.

Désormais, les deux ERP alimentent un seul extranet pour offrir un pilotage simplifié de l’activité, une vision unique du client et un système fluide pour le calcul de rémunération des VRP.



Les deux bases de données clients ont-elles pu être unifiées ?

L’unification des bases est un vrai sujet ! Je pourrais en parler des heures. Les exemples ne manquent pas… B. Solfin avait fait le choix de normer ses adresses avec La Poste, ce qui est logique pour un vépéciste. Tandis que chez Magasins Bleus, la norme appliquée aux adresses des clients n’est pas aussi capitale, puisque les conseillers-vendeurs connaissent parfaitement leur territoire. Chez Magasins Bleus, l’acte de vente se réalise sur place (produit payé ou non) alors que chez B. Solfin, la vente se réalise sous condition d’une commande. Le suivi des paiement est, de fait, totalement différent.

Je peux continuer avec d’autres exemples que tous ceux qui orchestrent des CRM peuvent connaître. Pour obtenir un code postal d'une maison de retraite et connaître le conseiller associé, il fallait parfois cinq imports/exports. Dans la base de données clients, le nom d’un vendeur se trouve en un seul champ contrairement à l’intranet où nom et prénom se trouvaient dans deux champs séparés. Enfin, un dernier exemple, dans le champ “ville”, on pouvait trouver des commentaires commerciaux en full texte...

Bref, l’enjeu était de faire communiquer deux bases hétérogènes.

 

Quels étaient les lots de développements techniques prioritaires ?


Il fallait aller très vite pour pouvoir servir les commandes et commissionner les conseillers (système de rémunération assujetti à des commissions sur chiffre d’affaires). Au bout d’un mois et demi, il a fallu prioriser les lots, choisir une direction et décider de la marche à suivre pour enchaîner les différentes fonctionnalités de l’extranet.

Si c’était à refaire, que feriez-vous autrement ?

Je serais arrivé un peu plus tôt - en amont du projet - pour mieux cerner toute la partie “cadrage”, les métiers et le fonctionnement des SI. Cela m’aurait permis d’orienter différemment certains choix. Ensuite, mon arrivée a permis d’avoir de mobiliser des ressources supplémentaires et de les coordonner. J’ai ainsi pu lever les freins, notamment les freins humains.


Auparavant, j’ai travaillé pendant 15 ans dans la communication interne, dans une entreprise d’assurances qui comptait près de 2300 salariés. En tant que chef de projet web, mon rôle consistait souvent à faire le traducteur entre les besoins du client final, la DSI et les prestataires techniques externes. Un rôle de chef d’orchestre que je retrouve ici.


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