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Le code a changé
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Le code a changé

Depuis le début du confinement, de nouvelles offres directement adressées au consommateur final fleurissent. Les marques redoublent d’initiatives pour chercher à mieux respirer. Certaines en profitent pour faire preuve d’innovation, d’autres prennent tout simplement le temps de remettre en scène des projets laissés de côté.
 


Les barrières légales ou protectionnistes s’effondrent

 

Portails de denrées alimentaires “en direct du producteur”, impression 3D, systèmes visio… Confinement oblige, les marques cherchent et trouvent de nouveaux moyens pour tisser des liens avec les consommateurs.

Comme par hasard, les barrières légales ou protectionnistes s’effondrent. Ce qui était  interdit et impossible hier est aujourd’hui encouragé.

Dans 3 ans, on se dira “tu te rappelles ? Avant il fallait prendre sa voiture pour faire une réunion à 100, 200 ou 400 kilomètres”. Ce scénario nous paraîtra aussi improbable que l’existence des cabines téléphoniques pour nos ados praticiens en continu de la smartphone-mania.


 

Champignons frais, organisation et système d’information

 

Qui aurait pu imaginer se faire livrer des champignons frais ? “Légulice (Rennes) vient de mettre en place la livraison de champignons ultra frais directement aux consommateurs. Les commandes sont expédiées sous 24h en France. En temps normal, Légulice commercialise essentiellement ses champignons en grande distribution dans des enseignes conventionnelles ou spécialisées en bio.” (Source : la Lettre API).

A Nantes les startup Grainesdici.fr et ViteMonMarche.fr (livraisons de denrées alimentaires ou de paniers bio) ou encore Shopopop.fr (livraison collaborative) tournent à plein régime.


Pour Reynald Naulleau, cofondateur de Vitemonmarche.fr.  “Le changement a été violent. Il a fallu scaler en deux semaines. Heureusement, notre site internet et notre organisation ont tenu le choc » (source : Le Journal des Entreprises). Un système d’information solide et une organisation agile : ce témoignage vaut de l’or.


 

Depuis trop longtemps...

 

Dans notre économie française, producteurs et industriels restent trop souvent cachés derrière leurs réseaux de distribution. Parfois, ces acteurs traditionnels craignent ou oublient de créer une relation directe avec le consommateur.

Dans d’autres cas, les corporatismes de tout bord se sont abrités derrière une sacro-sainte déontologie ou conseil de l’ordre pour freiner telle ou telle initiative émergente.

La nécessité impérieuse de se nourrir, de continuer à faire tourner l’économie aura peut-être raison de ces conventions généralement acceptées.

L’ouverture à la relation directe à l’utilisateur offre une transparence et, par effet domino, de nouvelles opportunités de marché. En se rapprochant, on écoute plus, on entend mieux, on propose juste et équitable.


Etre armé, ouvrir les yeux

 

Pour autant, accueillir les sollicitations des consommateurs, répondre rapidement en ligne, afficher des produits réellement en stock ou organiser un service de click and collect, ne s’improvise pas. Il faut être armé.

Pour certaines entreprises, il s’agira de rattraper la dette technologique, pour d’autres, de mieux prendre en compte l’utilisateur final ou d’imaginer une nouvelle proposition de valeurs. Et puis il y a celles dont le CODIR refusera toute remise en question. Celles-ci risquent de rester engluées économiquement très longtemps. 

En ces temps de confinement, il est facile (malheureusement) de constater que ceux qui n’ont pas cru aux vertus du numérique sont pénalisés. Il est plus que temps d’y croire vraiment.

Le port du masque doit au moins faciliter une chose : ouvrir les yeux en grand.

Depuis 20 ans, nous le répétons, le digital rapproche le producteur du consommateur. Cette pandémie aura eu raison des freins. Le consommateur prend le pouvoir et les marques regagnent du terrain. C’est une bonne nouvelle, non ? 

 

Il est l’heure d’y croire, vraiment.

 

Jean-Lou Racine
DG - Le Phare
06 08 92 04 69