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Comment rater sa transformation digitale
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Comment rater sa transformation digitale

Avec l'ultra domination des GAFA et l'émergence des NATU, le digital s'est invité dans les comités de direction où par peur de la disruption, devenir "digital" est désormais une priorité stratégique pour l'ensemble des secteurs. S'il s'agit effectivement d'une nécessité pour envisager sereinement l'avenir, la transformation à réaliser reste cependant très mal comprise de nombre d'entreprises.


Digitalisation = une simple transformation technologique ?


C'est bien souvent la roadmap résiduelle une fois le sujet "digitalisation" consommé au plus haut niveau...
Effectivement, le premier reflexe des entreprises "centenaires" est de se comparer aux start-up qui pensent "Digital first" et profitent au maximum des économies d'échelle d'un modèle full digital qui simplifie les process et les interactions. Alors pour être digitales, ces entreprises centenaires veulent elles aussi adopter une stratégie multicanal, proposer des applis mobiles et communiquer sur Twitter... 

Bien évidemment,  faire évoluer son business model ou ses points de contact pour y intégrer le digital est obligatoire. Mais pour autant, réduire la digitalisation à une simple transformation technologique est une énorme erreur qui ne les sauvera en rien de la disruption. 


Digitalisation = offrir une nouvelle expérience


La transformation digitale sert avant tout à offrir une nouvelle expérience au consommateur avec un seul leitmotiv : apporter le plus de valeur possible à ce dernier.

Petit exemple qui illustre bien la réalité de cette affirmation : Les fintech (en sachant que cet exemple peut être étendu à l'ensemble des services dits "disruptifs"). Là où les fintech réussissent, ce n'est pas via l'adoption technologique du digital mais en proposant un service de bien meilleur qualité que ce qui était jusqu'alors proposé par les acteurs historiques. 

Le digital n'est ici qu'un vecteur de diffusion et de mise en œuvre dudit service. Et si ce vecteur a l'avantage d'être ultra rapide (captation de la masse critique) et souple (adaptation aux changements de stratégie), il n'en reste pas moins qu'un vecteur.  Au bout du compte, si les services proposés n'apportaient aucune valeur, digital ou pas...    

Quoi qu'il en soit, la transformation technologique n'a de sens que si elle se met au service de l'expérience client. On s’appuiera alors sur les outils numériques pour : obtenir une connaissance pointue du client, percevoir ses attentes, fluidifier et personnaliser les interactions.


Digitalisation = open innovation et état d'esprit    

Au-delà de la transformation technologique, le principal facteur de réussite réside dans la transformation des esprits, des comportements et des pratiques. Et notamment sur tous les sujets tournant autour de l'innovation. 

S'il s’agit là d’une volonté stratégique qui doit être portée au plus haut niveau, il est important de comprendre que l'innovation reste l'affaire de tous. Il est donc nécessaire de changer l’état d’esprit de l’entreprise, d'y casser les silos et les hiérarchies notamment sur les échanges d'informations, et d'y insuffler une dynamique permettant à chaque collaborateur d'être moteur de l'innovation générale. (Voir l'excellent article de J. Philippe à ce sujet)


Avant tout, une question d'organisation


La transformation digitale ne peut être réduite à sa simple dimension technologique. Pour être compétitives demain, les entreprises se doivent d'oublier les acquis et de repenser leurs modèles d'organisation et leurs propositions de valeur. 


Jérôme Bibinet *
Directeur Digital
Altaréa Cogedim

(* Cet article est publié avec l'accord de son auteur. L'intelligence collective étant plus forte que l'isolement, Le Phare ouvrira régulièrement son blog à des contributeurs experts)