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Data Management

Data Management,

Comment les hôteliers peuvent reprendre la main sur leurs “données consommateurs”.

Avec l’émergence de Booking, Expedia ou encore TripAdvisor, les hôteliers français perdent progressivement le contrôle de leur relation clients. Fairbooking propose une alternative aux acteurs du tourisme désireux de reprendre leur destin en mains. Interview de Laurent Bougras, directeur de Fairbooking.

 

Le boom de la réservation hôtelière en ligne… ne profite pas aux hôteliers. Pourquoi ?
Le constat est simple. Les géant du net, tels que Expedia, Booking, TripAdvisor, Google ont mis la main sur le marché de la réservation hôtelière. 41 % des réservations passent désormais par ces acteurs devenus intermédiaires. Les hôteliers se sont vus court-circuiter leurs réservations en direct. Ils ont perdu le fil de la relation avec leurs propres clients.
 
Comment ces géants du net ont réussi à couper ce fil ?
Grâce à deux armes redoutables que nous appelons le “brandjacking” et le “guestjacking”.
Le premier peut se traduire par une vampirisation des marques. La marque hôtel est détournée systématiquement par des campagnes d’achats de mots clés. Dans 70 % des cas, le premier lien rencontré par l’internaute qui effectue une recherche sur Google est un lien redirigeant vers Booking.com. La tactique du “guestjacking” revient tout simplement à une suppression des adresses emails clients, une vampirisation des données consommateurs. Via ces plateformes, les mails clients liées à une réservation sont cryptées. Sans cette donnée, l’hôtelier n’a plus les moyens de travailler sa fidélisation. C’est du détournement de clients.


 
Quelles sont les conséquences économiques sur le secteur ?
En quelques années, les commissions prélevées sont passées de 10 % à 21%. On estime ainsi qu’en 2015, l’ensemble des hôteliers français ont ainsi reversé 1 milliard d’euros de commissions sur le sol américain dont une grosse partie est optimisée fiscalement. Avec Booking, un hôtelier peut reverser plusieurs milliers d’euros de commissions par an. Des sommes qui impactent directement la rentabilité des acteurs du tourisme, et donc leur capacité d’investissement, l’emploi, la qualité des services et produits…
 

Fairbooking peut-il redonner du pouvoir aux acteurs du tourisme ?
A l’origine, en 2013, des hôteliers (nantais) ont décidé de réagir en créant leur propre plateforme de réservation en direct, sans intermédiaire : Fairbooking.com. Une plateforme collaborative où les hébergeurs sont copropriétaires des données et du revenu généré. Zéro commission, un coût d’adhésion très faible, et une communauté de clients retrouvée. L’internaute bénéficie du meilleur prix en direct et d’autres avantages. Fairbooking est une manière de redonner à l’achat sur internet une valeur d’éco-responsabilité. Et ce, sur le territoire.


 
Est-ce-que cette alternative a trouvé son marché ? 
2600 hôteliers adhèrent à notre plateforme que nous allons maintenant proposer à d’autres acteurs du tourisme : restaurants, musées, location de vélos… Le concept fait aussi des émules à l’international. Fairbooking est déjà présent dans 41 pays. Ce principe du circuit-court séduit de plus en plus.