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Le mélange des genres. La recette des nouveaux business model ?

Pour réussir leur quête d’innovation, voire d’innovation de rupture, les entreprises vont-elles savoir apprivoiser la méthode du “mélange des genres” ?
 




Qui ne se ressemble pas, devrait s’assembler. AccorHotels mise sur ce principe pour se donner une bouffée d’oxygène. Le groupe hôtelier vient de se doter d'un conseil d'administration entièrement composé d’employés de moins de 35 ans. "Ils ne seront peut-être pas d'accord avec nous 50 % du temps, mais cela devrait être une bouffée d'oxygène", veut croire Sébastien Bazin, le pdg du groupe, dans les colonnes des Echos.


Les défaillances des mono-systèmes

Dans un autre style, le documentaire “Demain”, toujours à l’affiche, met en lumière cette force du “mélange des genres” et de la diversité à travers différentes initiatives porteuses d’espoir dans le monde, en matière de nouvelles solutions énergétiques, alimentaires, agricoles, économiques, éducatives et démocratiques… La monoculture ou plus largement, les mono-systèmes y sont largement montrés du doigt. Leurs défaillances ont fait leur preuve. A contrario, Demain fait la part belle à la diversité souvent porteuse de “nouveaux fruits”.



Dans son domaine, Axelle Tessandier, spécialiste de la nouvelle économie et fondatrice d’Axl Agency (agence conseil) dresse quasiment le même constat dans une chronique publiée dans Les Echos. “Pour penser différemment, rien n’est plus important que de ne pas être enfermé dans un microcosme, (...) d’évoluer dans un environnement diversifié et ouvert sur les autres.


Cultures associées, frictions et lieux inspirants

Le réflexe de l’entre soi sclérose les systèmes. A l’inverse, le mélange des genres semble offrir de nouvelles solutions de croissance. Les entreprises en quête d’inspiration vont devoir apprendre le jeu de la friction, s’immerger dans des lieux inspirants, inviter des artistes ou des agriculteurs, donner libre cours à des graffeurs, danseurs de hip-hop et autres éclaireurs venus d’ailleurs. Pour cela, les “learning expedition” ont du bon, qu’elles se déroulent à San Francisco ou de l’autre côté de la rue.

Fort de cette idée, Pierre Rhabi, le chantre de la culture associée pourrait donc bientôt prendre place dans les plus grands conseils d’administration. Sa solution est source de meilleurs rendements. Après les sillons de radis, de laitue ou de pommes de terre, ce principe - vieux comme le monde - commence maintenant à faire son chemin dans les couloirs des entreprises dites “traditionnelles” en quête de véritable innovation de rupture.
 

Jean-Lou Racine, directeur général / Le Phare